La loi de finances de 2008 aligne l'imposition des dividendes sur celle des placements à revenus fixes (obligations par exemple). Le dividende est le versement aux actionnaires d'un montant proportionnel aux actions détenues, prélevé sur le bénéfice net ou sur les réserves de la société. Il ne s'agit pas d'une rémunération mais la restitution d'une fraction du capital dont ils sont détenteurs, ce sont des capitaux mobiliers.Ils ne sont donc pas soumis à cotisations sociales.
En revanche, ils supportent :
- le prélèvement social de 2 %,
- la contribution additionnelle au prélèvement social de 0,3 %,
- la CSG (8,2 %) et la CRDS (0,5 %).
Depuis le 1er janvier 2008, ces prélèvements sociaux sont payés à la source, lors du versement des dividendes, quel que soit leur mode d'imposition au niveau fiscal.
Lorsqu'une société décide de répartir tout ou partie de ses bénéfices entre les associés, les bénéfices distribués sont successivement imposés :
- au niveau de la société au titre de l'impôt sur les sociétés
- au niveau des associés au titre de l'impôt sur le revenu au barême progressif par tranches de l'impôt sur le revenu.
Désormais, depuis le 1ier janvier 2008, un choix d'option est apporté pour l'associé entre cette solution ou le prélèvement forfaitaire libératoire à la source de 18 % selon sa situation.
Imposition des dividendes au barême progressif par tranche de l'impôt sur le revenu
En l'absence d'option de l'associé, c'est ce régime qui s'applique de plein droit. Les sommes versées à l'associé en tant que dividendes seront alors déclarées dans la catégorie des revenus mobiliers sur sa déclaration annuelle.
La double imposition des sommes (société et associé) est compensée par des avantages fiscaux pour les personnes physiques domiciliées fsicalement en France :
- Abattement de 40 % sans limitation de montant (pour les sociétés soumise à l'IS dont le siège social est fixé en France ou dans un état ayant conclu une convention fiscale avec la France)
- Abattement forfaitaire applicable sur les dividendes ayant fait l'objet de l'abattement de 40 % égal soit à 1525 € pour une personne seule, soit à 3050 € pour un couple soumis à une imposition commune.
- Crédit d'impôt : égal à 50 % des dividendes perçus avant l'abattement des 40 %, plafonné annuellement à 115 € pour une personne seule ou à 230 € pour un couple soumis à une déclaration commune.Le crédit d'impôt est imputé sur l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année au cours de laquelle les revenus ont été distribués. Si le montant du crédit d'impôt est supérieur à l'impôt dû, il est restitué.
Prélèvement forfaitaire libératoire à la source égal à 18 % par l'établissement payeur qui effectuera lui-même le paiement auprès du Trésor Public dans les 15 jours suivant la distribution
Ce PFL est prélevé sur le montant brut des sommes versées. Il n'y a pas d'abattement ni de crédit d'impôt. Cette option peut être prise que sur une partie des dividendes. L'autre restant soumise au barême de l'IR.
Comparaison :
Distribution par la société de 50 000 €. Un associé en couple sans enfant détient 25 % des parts. Il recevra alors 12 500 € de dividendes.
- Choix de l'IR : 12 500 € de dividendes reçus avec 1 375 € de prélèvements sociaux
12 500 - 5000 (40 %) - 3 050 (en couple) = 4 450 € de dividendes imposables
Taux d'imposition marginal de 12 % : 534 € au titre de l'IR
Crédit d'impôt : 534 - 230 = 304 € d'impôt du par l'associé
- Choix du PFL : 12 500 x 18 % = 2 250 € d'impôt
Pour lui cette option n'est pas intéressante. Par contre, un autre associé, célibataire et sans enfant, détient 55 % des parts. Il recevra 27 500 € de dividendes.
- Choix de l'IR : 27 500 € avec 3 025 € de prélèvements sociaux
27 500 - 11 000 - 1 525 = 14 975 de dividendes imposables
Taux marginal d'imposition 40 % : 5 990 € au titre de l'IR
Crédit d'impôt : 5 990 - 115 = 5 875 € d'impôt du par cet associé
Pour lui l'option du PFL est plus intéressante : 27 500 x 18 % = 4 950 €
Conclusion : l'option du PFL ne profite qu'aux contribuables imposés au taux marginal de 40 % du barême progressif. Il ne faut pas oublier les prélèvements sociaux de 11 % donc 18 % + 11 % = 29 % de taxe.
Ce choix fait perdre les abattements annuels + le crédit d'impôt. Sans oublier qu'avec le PFL, il acquitte l'impôt dès l'encaissement du dividende puisqu'il s'agit d'une taxation à la source. Alors que pour le barême professif, il s'agit de solder au quatrième trimestre de l'année suivante.
Il ne faut pas oublier qu'une partie de la CSG (5.80 %) vient en déduction de la base imposable à condition que les dividendes soient déclarés à l'IR. Ainsi par exemple, le contribuable bénéficie de 5.80 % x 12 % (pour l'exemple) = 0.696 %. Son taux marginal est ainsi ramené à 11,30 %